L'athlétisme dépendant du chrono automatique

Pistolet, détecteur de faux départ, photo-finish : le chronométrage automatique en athlétisme

Déterminer les positions sur la ligne à l'arrivée d'un sprint

En athlétisme, il est bien souvent très compliqué pour une seule personne de juger des positions à l’arrivée de tous les coureurs, surtout lorsqu’ils sont séparés par quelques dixièmes voire centièmes de secondes. C’est pourquoi, dans toutes les compétitions jusqu’au niveau départemental, il y a un chronométrage électrique. L’utilisation de l’image fixe ou animée est une pratique généralise dans le sport. Même le football, pourtant réfractaire, met peu à peu en place une aide vidéo pour que les arbitres puis assumer leur fonctions le plus justement possible.

La technologie de la photo-finish permet d’avoir les temps les plus précis possible ainsi qu’une photo de la ligne d’arrivée. On peut donc départager les athlètes au millème de seconde. Mais comme fonctionne cette technologie ? Comment juger le vainqueur d’une course lorsque deux personnes sont au coude à coude ?

Les éléments clés du chronométrage automatique

Cette technologie est composée de 3 éléments : un pistolet, une caméra et un ordinateur. Dans les compétitions nationales et internationales, il y a aussi un système de détection de faux départ disposé dans les starting-blocks. Il fonctionne via des capteurs de blocks. Si ces derniers ressentent une poussée avant le départ, ils sonneront.

Le traditionnel pistolet n’est plus utilisé en compétition officielle. Il a été remplacé par un modèle électronique qui retransmet le signal du départ dans des haut-parleurs situés derrière chaque starting-block. Cet engin est relié à la station de chronométrage par un système d’onde. La raison de l’abandon du pistolet est simple : au moment du signal de départ, les couloirs les plus excentrés (6, 7, 8) entendent le son après les autres. C’est encore plus flagrant dans les courses ou la grille de départ est échelonnée (200 m, 400 m, 400 haies).

La caméra et la station de chronométrage sont situées sur la ligne d’arrivée. La caméra capture 1000 à 2000 trames verticales d’une position donnée par seconde. Elle envoie ensuite les images à un ordinateur qui est capable ensuite de reconstituer la photo de la ligne d’arrivée. Avec un tel système, on peut avoir une précision allant jusqu’au millième de seconde.

Le chronométrage informatique est indispensable en athlétisme

Comment fonctionne la caméra de la photo-finish ?

Elle est braquée sur la ligne d’arrivée et ne bouge pas. Ensuite, elle ne capture pas une photo entière, mais uniquement une fine bande verticale de 1 pixel de large et 1024 de haut. Toutes les bandes capturées sont ensuite reconstituées par ordinateur, via un logiciel qui est en général fourni avec la caméra. À un instant  « t » choisi, la tranche correspondant au temps « t » sera positionnée à droite de l’image et les autres se positionneront à sa gauche.

Il existe plusieurs systèmes en fonction des sports et surtout en fonction de la rapidité des véhicules ou des personnes passant la ligne d’arrivée. En athlétisme, la précision est en général au millième. Si bien que, si un athlète met 0.5 seconde à passer la ligne, la photo-finish de son arrivée sera faite de 500 tranches verticales.

En cas de litige sur les positions à l’arrivée, l’opérateur est chargé de les départager. Pour ce faire, il positionne le curseur sur le moment qui l’intéresse et regarde qui a franchi la ligne à l’arrivée. Pour avoir une lecture optimale, le placement de la caméra est très important. Selon Jimson Lee, un écrivain spécialisé en athlétisme, il y a une différence énorme entre une caméra placée sur un trépied au bord de la piste et une caméra placée en dehors de la piste. En général, il faut un angle de plongée de 45°. Une caméra à 5 m de hauteur placée à 5 m de la piste est idéale.

La photo finish en athlé
La photo-finish est constituée d’un assemblage de tranches verticales prises par la caméra. Elles sont horodatées et placées à rebours en partant de la droite

Quelle partie du corps détermine le 1er arrivée?

Le premier arrivé a gagné. Oui. Mais quelle partie du corps doit franchir la ligne en premier ? Les bras ? La tête ? Selon la règle 164 de l’IAAF, « les athlètes sont classés dans l’ordre dans lequel une partie quelconque de leur corps (c’est-à-dire leur torse, mais non la tête, le cou, les jambes ou les pieds) atteint le plan vertical du bord intérieur de la ligne d’arrivée ».

Mais, comme le note l’IAAF, le terme de torse est assez subjectif. Il a toutefois été défini comme « l’endroit exact délimitant le haut du bras/l’épaule ». En termes génériques, il s’agit de la bosse formée par la clavicule sur le bord inférieur de l’épaule. Mais là aussi, la définition peut poser des problèmes d’appréciation en fonction de la musculature de l’athlète. Parfois, cette bosse n’est pas visible.

L’IAAF a donc donné une définition mathématique de l’extrémité du torse. Elle se situe « à la limite entre le tiers central et le tiers extérieur de la distance entre le cou et le sommet de l’épaule ». Mais les athlètes sont situés de profil sur la photo-finish. Au final, le torse sera défini par la ligne partant du bassin et rejoignant les épaules. C’est un véritable casse-tête pour les opérateurs. Mais dans une situation ou un millième de seconde peut faire la différence entre un titre et une médaille d’argent, cela en vaut la peine.

 

Crédit photo : http://www.finishlynx.com/

 

Julien Zerilli

Rédacteur sportif depuis 4 ans. J'aime raconter le football sous un angle épico-tactique. Chaque match est une bataille, chaque maillot est un étandard et chaque footballeur est un soldat. Vae Victis.

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